La menace terroriste au Mozambique au centre d’un sommet de la SADC

Les chefs d’États d’Afrique australe se réunissent en sommet virtuel ce lundi 17 août. Au centre de leurs préoccupations : la menace terroriste au Mozambique. Mercredi, des jihadistes se sont emparés du port de Mocimboa da Praia, stratégique pour l’immense projet de gaz naturel liquéfié (GNL) de la région, l’un des plus gros investissements en Afrique, auquel participe notamment le groupe français Total. Cette attaque met à l’épreuve les capacités de réaction des pays d’Afrique australe.

Avec notre correspondant à Johannesburg, Noé Hochet-Bodin

La SADC s’est dite préoccupée par le phénomène jihadiste, actif depuis trois ans dans le nord du Mozambique, près de la frontière avec la Tanzanie. L’organisation régionale entend maintenant passer à la vitesse supérieure depuis que les terroristes se sont empares du port de Mocimboa da Praia, un lieu stratégique pour les entreprises internationales d’hydrocarbure qui entendent extraire de grandes quantités de gaz naturel liquéfié à l’avenir. Il y avait eu plusieurs incursions d’insurgés dans ce port, mais c’est la première fois qu’ils conservent la domination de la ville, et que l’armée Mozambicaine est mise en déroute à ce point.

Cette fois-ci, la politique de l’autruche ne fonctionnera plus. Ceux qui s’appellent al-Shabaab conquièrent au fur et à mesure des villes de la province de Cabo Delgado depuis trois ans. Peu d’acteurs régionaux s’intéressaient à ce phénomène terroriste dans le nord du Mozambique. Pas même le Mozambique qui a officiellement reconnu leur présence il y a quatre mois seulement.

Peu de contrôle de l’armée sur la région

Pourtant, en trois ans, beaucoup de paramètres ont changé : les quelques centaines de jihadistes ont renforcé leur rang, tenant tête maintenant aux forces spéciales mozambicaines ainsi qu’aux sociétés militaires privées russes et aux Sud-Africains envoyés pour résoudre la situation. Ils se sont baptisés État islamique d’Afrique centrale. Ensuite, d’immenses réserves de gaz ont été découvertes au large du pays, attirant tous les géants mondiaux de l’hydrocarbure

L’armée n’a que très peu de contrôle dans la région de Cabo Delgado qui est aussi une des régions les plus pauvres du pays, par laquelle transitent de nombreuses activités transnationales de contrebande, que ce soit pour de la drogue ou des pierres précieuses. Il est facile, donc, de recruter les combattants dans ces conditions.

Depuis 2017, plus de 700 civils ont été tués dans des attaques. Certains analystes affirment que le millier de morts a été dépassé. S’il est difficile d’avoir des informations précises, c’est parce qu’il est très difficile d’accéder à la région à cause de l’insécurité.

Pas de réaction de la SADC

Et l’horizon s’est encore assombri pour ce futur eldorado gazier depuis que les jihadistes ont investi la ville de Mocimboa da Praia qui accueille des installations gazières.

La SADC doit réagir et en premier lieu le grand frère sud-africain. Peu probable pourtant que Cyril Ramaphosa envoie des soldats, assurent les spécialistes. Ils sont, en effet, déjà déployés dans le pays pour gérer la crise sanitaire. Réunis aujourd’hui, les chefs d’État de la SADC vont débattre sur l’envoi ou non de troupes pour aider le gouvernement mozambicain. Cette promesse avait été formulée en avril, mais jamais concrétisée jusqu’à présent.

SOURCE: RFI

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