Au Mali, des milliers de personnes rassemblées pour appeler à la démission du président Keïta

Des milliers de personnes se sont rassemblées à Bamako, mardi 11 août, réclamant la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), accusé par l’opposition d’avoir mis en place un système « oligarchique et ploutocratique ». Les appels au dialogue de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et la pluie n’ont pas découragé les opposants, rassemblés au son des vuvuzelas dans le centre de la capitale.

Dans une déclaration, le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), un des groupes leaders de la contestation, a affirmé que le peuple du Mali avait « droit aux mêmes égards exprimés en faveur de ceux du Burkina Faso, de Gambie, d’Algérie mais aussi du Liban face à des dirigeants corrompus et sans vision constructive ». « Cette façon de gérer […] a conduit le Mali au bord du gouffre et compromet aujourd’hui la stabilité dans le sahel, voire dans la sous-région », affirme encore le communiqué.

Deux mois après le début des manifestations, le mot d’ordre est le même : « Notre objectif est la démission d’IBK et de son régime », selon Issa Kaou Djim, responsable de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants (CMAS) de l’imam Mamoud Dicko, figure de proue du mouvement de contestation.

« Il est temps qu’on se parle »

« Même si on n’a pas aimé la manière de faire de la Cédéao, nous les remercions pour leur geste. Mais il est temps qu’on se parle entre Maliens », a déclaré l’imam Dicko. « Si IBK ne nous écoute pas, il verra. Je jure devant Dieu : il verra mais ne soyons pas pressés. Nous allons gagner cette victoire, mais de façon pacifique », a-t-il ajouté lors de la manifestation, qui a fini sans incident.

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